Samson AH1/QV Bedienungsanleitung Seite 3

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LES
NÉGRIERS
DES
RIVIÈRES
DU
SUD
(Suite)
Le
vaisseau
PC^éan
èst
parti
de
Fort-Royal
(Martinique)
avec
yingl-huit
cercueils.
Le
mulâtre
Çharlemagne
Mangou,
négrier
notoire,
avertit
le
jeune
nêgri
Arturo
que
les
cercueils
contiennent
en
réaliiéde
la
poudre
d'or.
Arturo
remercie
et.
achevai,
sort
de
la
rive
el
arrive
à
une
anse
déserte
se
trouve
un
navire.
MV/Mt,
Arturo
leva
sa
main
toujours
armés
du
poignard
et
l'abattit
sur'
la
nuque
du
che-
val.
Le
cerveau
atteint,
l'animal
s'arrêta
net,
frissonna
violemment
t
s'écroula
sur
le
sable.
Arturo,
déjà,
avait
bondi
à
deux
mètres
de
lui
sans
plus
s'en
inquiéter;
Le
féroce
nègre
arriva
bientôt
au
bord
de
l'eau
et,
faisant
un
porte-voix
.de
ses
deux
mains,
modula
un
sifflement
étrange
que
l'écho
répéta.
Puis,
il
attendit.
Presque
aussitôt,
une
légère
embarcation,
se
détacha
du
mystérieux
navire
et
vogua
vers
Arturo.
Elle
y
fut
bientôt
...
..
arrivée.
Sans
se
soucier
de
se
mouiller
les
pieds,
Arturo
entra
dans
l'eaujusqu'aux
genoux
et
sauta
dans
le
canot
:
En
moins
de
cinq
minutes,
l'embarcation
atteignit
l'arriéré
du
navire
pendait
une
échelle
de
corde
Arturo
s'en
saisit
et,
avec
une
agilité
de
singe,
eut
rapidement
gagné
le
pont.
11
était
chez
lui.
Le
mystérieux
navire
avait
des
raisons
sérieuses
pour
se
dissimu-
ler
ainsi.
Le
Vulture
(en
anglais
Vautour)
était
un
des
nombreux
négriers
existant
encore
à
cette
époque
malgré
les
efforts
de
...
la
France
et
de
l'Anghterre
pour
en
purger
les
mers.
Gréé
en
goélettte.
le
Vulture
pou-
vait
défier
à
la
course
les
frégates
les
plus
rapides.
Ainsi
que
trois
autres
navires,
il
appar-tenait
à
la
société
Mon
Ka
(chef
eclavagiste
de
la
côte
de
Guinée),
Arturo
(son
fils),
et
Sharp
(un
anglais
évadé
du
bagne
de
Botany-Bay).
Sharp
commandait
le
Vulture.
Au
moment
o
Arturo
arriva
à
bord,
le
capitaine
Sharp,
gros
homme
à
la
figure
bonasse,
était
accoudé
à
la
lisse
du
couronnement
et
fu-
mait
une
pipe
d'excellent
tabac
de
...
...
Virginie.
Il
aperçut
Arturo
et
marcha
vers
lui
:
«
Eh
bien
?
dit-il
joyeusement,
tu
as
vu
ce
voleur
de
Çharlemagne
?
Oui!
.
..
tout
est
réglé
!
Non3
appareillons!
Pas
de
temps"
à
perdre
!
Partons
d'abord,
ja
parlerai
ensuite
!
Allons-y!
...
»
Sharp
saisit
le
sifflet
qui
pendait
à
sa
ceinture
et
en
tira
un
son
aigu.
Les
pirates
qui
dor-
maient
ou
devisaient,
couchés
sur
le
pont,
s'élancèrent
dans
la
mâture,
chacun
à
leur
poste
de
manœuvre.
Dans
la
nuit,
la
Vui-
(ure,
telle
une
gigantesque
.
chouette,
dé-
ploya ses
voiles
noires.
...
Debout
sur
le
tillac.
Sharp,
lui-même,
dirigeait
la
manœuvre.
Dè3
que
la
goélette
se
fut
éloignée
delà
côte,
il
se
tourna
vers
Arturo
et
lui
dit
:
<t
Alors,
cher
Arturo,
quoi
de
neuf?
»
Le
jeune
nègre
baissa
la
.
voix
De
neuf?
...
Il
y
a
que
,\Ocèan,
qui
est
parti
pour
Cherbourg
d%ux
heures
avant
nous,
a
embarqué
a
son
bord
vingt-
huit
faux
cercueils
contenant
près
de
six
millions
en
poudre
d'or.
Il
faut
nous
en
emparer.
»
A
ces
mots,
lesyeux
bleus
du
ca-
pitaine
Sharp
brillèrent.
Il
resta
un
instant
silène
aux
et
murmura
:
«.JiOcéan„
vaisseau
à
tro's
ponts,
est
armé
d'au
moins
six
cents
hommes
d'équipage.
Nous
sommes
cent
vingt
Ici,
ce
sera
dur
!
A
moins
d'avoir
des
in-
telligences'
à
bord,
fit
Arturo
.
«
—Mais
nous
n'en
avons
pas!
Je
m'en
charge,
moi
!
Charge-toi
de
rattraper
VOcéanl
»
<t
Ce
sera
facile
!
»
s'écria
Sharp
et,
prenant
son
porte-voix
il
cria
Holà,
garçons
!
Etablisssez-moi
les
flèches
(voiles
triangulaires).
Un
des
officiers
du
négrier
s'approcha
de
Sharp
et
répondit
:
«
Il
me
semble,
capitaine,
que
o'est
dangereux.
Et
Sharp
fronçait
les
sourcils.
Il
tira
un
pis-
tolet
de
sa
ceinture,
ajusta
et
fit
feu.
Un
éclair
illumina
la
nuit.
L'homme,
le
crâne
en
bouillie,
s'affaissa
sur
le
pont,
cependant
que
Sharp
disait
:
«
Je
n'aime
pas
les
observations
!
»
Et,
sur
son
ordre,
deux
matelots
jetèrent
à
la
merle
cadavre
pantelant
del'officiernégrier.
-
Les
«
flèches
«
furent
établies.
Poussé
par
une
rude
brise
d'Ouest
qui
faisait
vibrer
sa
mâture,
le
Vulture
s'inclina
sur
les
flots
noirs
qu'il
fendit
rapidement
en
laissant
derière
lui
un
sillage
d'écume.
«
Avant
le
jour,
dit
Sharp
qui,
tranquil-
lement,
avait
remis
son
pistolet
à
sa
cein-
ture,
nous
verrons
l'Océan.
Tant
mieux!
répondit
Arturo
:
allons
dans
votre
cabine
:
je
vais
vous
expliquer
mon
plan!
»
Les
deux
hommes
s'engouffrèrent
dans
une
écoutille
et
gagnèrent
la
chambre
du
capitaine
négrier.
C'était
une
pièce
carrée
située
sous
le
tillac,
à
l'extrême
arrière
du
navire.
La
porte,
épaisse
de
cinquante
centi-
mètres
et
garnie
de
plaques
de
tôle,
fermait
en
dedans
au
moyen
de
larges
verrous.
Elle
pouvait
défier
les
plus
furieux
as-
sauts.
Le
long
des
parois,
un
véritable
ar-
senal
composé
de
carabines,
pistolets,
sabres
d'abordage
était
accroché.
Tel
était
le
repaire
du
capitaine
Sharp.
Les
deux
hommes
s'y
en-
fermèrent
et,
à
l'abri
des
oreilles
indiscrètes,
n'ayant
pour
toute
société
qu'une
bouteit'e
de
gin,
discutèrent
longuement.
Vers
trois
heures
du
matin,
ils
conversaient
mm
lorsqu'un
marin
cria
à
travers
la
porta
:
«.
Une
voile
en
vue
à
tribord
devant
!
-
C
est
l'Océan
!
»
fit
Sharp.
Le
capitaine
de
vaisseau
Charles
de
Brévailles,
com-
mandant
l
'Océan,
était
un
vieux
marin.
Agé
de
cinquante-huit
ans,
il
touchait
à
la
fin
de
sa
carrière.
La
mission
dont
...
...
il
venait
d'être
chargé
ne
Jui
convenait
guère
:
le
gouverneur
de
la
Martinique,
après
avoir
embarqué
à
son
bord
vingt
huit
faux
cercueils
contenant
plusieurs
millions
de
-
poudre
d'or
destiné
au
gouvernement
français,
lui
avait
enjoint
d'éviter
toute
rencontre.
Cependant
le
vieux
marin,
esclave
de
la
consigne,
était
résolu
àobéir.
Sitôt
l'Océan
en
pleine
mer,
il
avait
ordonné
de
masquer
les
feux
et
d'établir
toute
la
toile
que
le
trois-pohts
pouvait
porter.
Plus
vite
il
serait
arrivé,
mieux
cela
vaudrait.
Sur
le
|le
gaillard
d'avant,
l'équipage,
la
manœuvre
finie,
s'était
...
...
réuni
comme
de
coutume
pour
deviser
sur
les
événements
de
la
journée.
«
.Moi,
di-
sait
un
marin
breton,
je
dis
que
tout
cela
n'est
pas
naturel
1
Vingt-huit
cercueils,
c'est
trop
pour
un
navire
de
chrétiens.
Notre
voyag
e
finira
mal
!
»
Le
mousse
du
bord,
Alain
Mouscot,
gamin
d'une
quinzaine
d'années
à
l'allure
gouailleuse
et
délurée,
éclata
irrévencieusement
de
rire
au
nez
du
Breton
:
«
Peuh
!
dit-il,
vaut
mieux
que
nos
«
passagers
»
soient
enfermés,
au
moins
ils
ne
gênent
pas
la
manœuvre
I
Nous
n'ar-
riverons
que
plus
vite.
Veux-tu
te
taire,
racaille
I
»
fit
le
Breton.
Le
sifflet
du
.
.
.
...
maitre
d'équipage
fit.
taire
Jout
le
monde
.
«
Allons,
à
se
coucher,
vous
au-
tres!
d't-il.
Demain,
il
fera
jour.
»
Les
matelots,
grommelant,
se
levèrent
les
uns
après
les
autres
et
gagnèrent
leurs
hamacs
accrochés
dans
la
batterie.
A
l'arrière,
Charles
de
Brévailles,
soucieux,
se
promenait
lentement,
les
mainsderrière
le
dos;
le
baro-
mètre
baissait
avec
rapidité
et
une
tempête
était
proche.
L'ouragan
éclata
au
lever
du
soleil,
et
pendant
toute
la
journée
l'Océan
dut
fuir
devant
le
temps.
Le
commandant
de
Brévailles
ne
quitta
pas
son
banc
de
quart
il
s'était
fait
attacher,
et
ne
fut
pas
peu
surpris
d
;
apercevoir,
à
moins
d'un
mille
en
..
.
.
.
.
arrière
de
son
navire,
une
grande
goélette
toute
noire,
qui,
sous
ses
basses
voiles,
suivait
la
même
route
que
lui
..
«
Quelque
négrier
!
pensa
le
vieux
marin
N'était
la
terreur
de
mes
ordres,
je
Tamarine-
rais
!
Enfin
!
»
Jusqu'au
soir,
la
goélette
resta
en
vue.
Elle
disparut
à
la^faveur
de
l'obscurité.
Charles
de
Brévailles,
qui
n'avait
pas
quitté
son
poste,
se
disposait
à
donner
l'ordre
d'éta-
blir
toutes
ses
voiles,
lorsqu'une
voix
reten-
tit
:
«
Une
épave
droit
devant
!
»
Le
vieux
marin
saisit
sa
lo
ngue-vue
et
aperçut
une
em-
barcation
vide,
ou
paraissant
telle,
qui
flot-
tait
sur
les
eaux
calmes.
Intrigué,
il
cria:
«
Filez
les
focs!
à
brosser
la
brigantùie.
La
barre
dessus,
toute!
»
L'Océan
vint
droit
au
vent,
ses
voiles
claquetèrent
avec
bruit
et
il
s'immobilisa
:
«
Amenez
la
balei-
nière!
»
commanda
Charles
de
Brévailles.
Cet
ordre
fut
exécuté.
La
baleinière,
fut
descendue
à
la
mer
et
se
dirigea
à
force
de
rames
vers
le
canot,
toujours
immobile.
Elle
l'atteignit
bientôt
et
un
cri
d'horreur
s'échappa
de
la
gorge
des
.marins
français
:
au
fond
du
ca-
not
un
homme,
un
nègre,
vêtu
de
haillons,
sordides,
les
poignets
et
les
chevillles
en-
sanglantés,
.isait
sans
mouvement.
Rapidement,
les
matelots,
sur
l'ordre
de
l'officier,
joignirent
les
deux
embarcations
par
une
solide
corde
et
ramèrent
à
toute
allure
vers
l'Océan.
Du
haut
de
la
dunette,
Charles
de
Brévailles,
à
l'aide
de
sa
longue-
vue,
n'avait
rien
perdu
do
cette
scène,
et,
lorsque
la
baleinière
remorquant
le
canot
accostal'échelle,
déjà
quatre
solides
matelots
attendaient.
En
un
instant,
le
corps
du
malheureux
nègre
toujours
évanoui
fut
monte
à
bord
de
V
Océan
et
porté
à
l'infirme-
rie
le
chirurgien
lui
donna
ses
soins
Pendant
ce
temps,
...
...
Charles
de
Brévailles
avait
fait
hisser
la
fc'
'
Jère
et
le
canot,
et
re-
mettre
le
r
..
'
en
route.
La
manœuvre
terminée,
'
7
<t
à
l'infirmeri
et
s'ap-
procha
du.
u
vait
été
couché
l'homme
recueilli.
C'était
i
jeune
nègre,
aimira-
blement
bâti
Pour
tout
dire
c'éiait
le
seig-
neur
Arluro.
Grâce
aux
soins
du
chirurgien,
ou
plutôt
parce
qu'il
l'avait
jugé
bon,
Aturo
avait
repris
ses
sens
:
«
Cela
va
mieux,
mon
ami?
»
lui
demanda
Brévailles
Arturo
répondit
en
anglais,
d'une
voix
qu'il
affaiblissait
à
.
.
.
dessein
:
«Oui,
oui,
mais
je
suis
bien
faible.
Prisonnier
sur
un
négrier,
t
j'ai
P
Q
m'échapper
grâce
à
la
tempête,
j'ai
coupe
les
palans
du
canot
dans
lequel
vous
m'ave»
recueilli,
puis
je
me
suis
jeté
à
l'eau
et ai
réusssi
a
monter
dedans,
j'étais
si
épuise
que
je
me
suis
évanoui.
Mais
je
me
sens
bien,
maintenant
!
»
Le
chirurgien
corrobora
ces
paroles,
tandis
que
Brévailles
murmura.
«
Parbleu
!
c'est
le
négrier
que
nous
avons
vu
hier.
Il
est
loin,
maintenant!»
sui'.re.)
AUJOURD'HUI
COMMENCE
DANS
PREMIERE
PARTIE
CHAPITRE
PREMIER
MARCEL
DUNOT
La
cloche
venait
de
sonner
à
la
fatrique
de
tissage
Pordon
et
C".
annonçant
la
reprise
du
travail
de
l'après-midi.
Les
ouvriers
se
pressaient
en
foule
dans
les
rues
de
ce
quartier
populeux
de
Saint-
Quonlin,
pour
regagner
en
hâte
l'usine
et
leurs
ateliers
respectifs,
lis
avaient
encore
cinq
minutes
devant
eux.
et
les
premiers
arrivés
attendaient
près
de
l'immense
grille
d'entrée,
les
yeux
fixés
sur
l'hor-
loge
située
au
centre
de
la
grande
cour.
Un
contremaître
se
tenait
derrière
la
grille.
Il
avait
l'ordre
de
la
fermer
impitoyablement
à
une
heure
et
demie
et
d'inscrire
les
noms
des
retardataires
sur
un
registre
spécial.
Ce
contremaître
n'était
pas
un
méchant
homme,
mais
il
était
poussé
à
la
sévérité
par
le
cousin
du
patron,
Joseph
Honorât,
jeune
ingénieur
sorti
récemment
de
l'Ecole
centrale,
et.
qui
occupait
dans
l'usine
lo
poste
de
directeur
technique.
Joseph
Honorât,
âgé
d'une
trentaine
d'années,
acitif,
ambitieux,
d'un
tempérament
brutal
et
égoïste,
dirigeait
l'énorme
personnel
de
l'usine
Pordon
avec
une
dureté
qui
ne se
relâchait
jamais.
Il
exigeait
des
contremaîtres
une
surveillance
implacable
et
s'assurait
personnellement
de
la
rigoureuse
exécution
de
tous
ses
ordres.
Il
avait
remplacé
presque
complètement
le.
vieux
père
Gustave
Pordon,
qui,
perclus
ae
rhumatismes,
ne
s'occupait
presque
plus
de
l'usine
depuis
la
mort
de sa
femme
qu'il
avait
adorée.
Ce
jour-là,
le
contremaître
préposé
.
à
la
surveillance
de
la
grille
regardait
d'un
air
fcéat
les
longues théories
d'ouvriers
s'engouffrer
sous
l'entrée
de
l'usine,
lorsqu'une
petite
porte
s'ouvrit
dans
le
mur
qui
séparait
les
ateliers,
de
l'habitation
des
directeurs.
Un
homme
en
sortit,
blond,
de
haute
taille,
de
forte
carrure,
et
ses
yeux
gris
de
fer
promenèrent
sur
l'assistance
un
regard
dé-
pourvu
de
bienveillance.
Cet
homme
était
Joseph
Honorât,
le
cousin
de
Gustave
Pordon
et le
directeur
de
l'usine.
,
Tout
de
suite,
il
remarqua
les
ouvriers
qui
attendaient
devant
la
grille
au
lieu
d'entrer,
et
il
apostropha
le
contremaître
:
Martin!
Qu'est-ce
que
vous
fichez
donc?
vous
laissez
les
ouvriers
stationner
devant
la
porte
?
Mais,
monsieur
le
directeur,
balbutia
le
contremaître,
il
n'est
pas
l'heure
...
Le
visage
de
Joseph
Honorât
refléta
une
expression
de
méchan-
ceté
rageuse.
Martin,
vous
n'êtes
qu'un
nigaud
!
Vous
ne
comprenez
pas
qu'ils
se
payent
votre
tête,
tous
ceux-là
?
~~
j
L
,
Et,
se
tournant
vers
l'horloge
avec
un
geste
large
:
Il
est
une
heure
vingt-sept.
Je
n'admets
pas
que
les
ouvriers
restent
de
cette
façon
devant
la.
grille
;
qu'ils
entrent
ou
qu'ils
aillent
Plus
loin
!
et
tant
pis
pour
eux*%'ils
arrivent
en
retard.
Quelques
ouvriers,
un
peu
troublés
par
la
violence
de
la
voix
du
directeur,
avaient
quitté
la
grille,
et
sans
plus
attendre,
pour
ne
pas
encourir
sa
colère,
s'étaient
mêlés
au
flot
des
ouvriers,
qui
ren-
traient.
Seul,
un
jeune
homme
de
dix-sept
ans
environ
était
demeuré
Près
de
la
grille
à
laquelle
il
était
adossé
et
considérait
le
Ispec-
'acle
Qe
i
a
ren
t
r
ée
-8e
ses
camarades
avec
un
flegme
parf^jL
H
fumait
une
grosse
pipe
de
terre
dont
il
tirait
béajgggtnt
des
bouffées,
les
yeux
demklos.
C'était
un
gars
solide
et
t
-.;Vi«P
-taillé
3
?i
paraissait
se
soucier
très
peu
de
l'humeur
hargneusijos-»
si
M.
le
directeur.
.
.
?
ào
*il
»
Cependant,
Joseph
Honorât
avait
été
ravi
de
const»:^<*iP:f
dbei-
'dÇ
des
ouvriers
qui
n'avaient
pas
attendu
que
le
contremaître
re-
Pnt;
l'observation
du
patron
pour
rentrer
précipitamment.
Et
il
'vait
tourné
les
yeux
vers
une
cour
des
apprentis
avant
dè;,;r.ega-
8uer
i
eu
r
atelier
s'amusaient
à
jouer
à
saute-moutpm
,
H
se
disposait
à
courir
de
ce
côté,
car
il
ne
pouvait
tolérer
qu'on
'.amusât
dans
l'usine,
lorsqu'il
aperçut
jeunehomme
resté
immo-
le
Près
de
la
grille.
Il
eut
un
accès
de
rage
et,
s'avançanl
précipitamment,
il
lui
cria
:
-77.
Vous
êtes
donc
sourd,
vous,
là-bas?
Vous
n'avez
pas
entendu
ce
que
j'ai
dit?
L'ouvrier
continuait
à
tirer
placidement
des
bouffées
de
sa
pipe.
Le
directeur,
furieux
de
son
indifférence,
l'apostropha
avec
une
violence
croissante
:
.
Ah
çà
!
dites
donc,
est-ce
que
vous
vous
fichez
de
moi,
vous
?
Le
jeune
homme
leva
sur
le
directeur
"des
yeux
étonnés
et,
reti-
rant
sa
casquette
en
même
temps
qu'il
était
sa
pipe
de
la
bouche,
il
demanda
:
C'esl-il
à
moi
que
vous
parlez,
monsieur
le
directeur?
Joseph
Honorât
frappa
rageusement
du
pied
:
Parfaitement,
c'est
à
vous
!
Je
vous
répète
que
je
ne
veux
pas
voir
stationner
devant
l'entrée
de
l'usine.
Sans
s'émouvoir,
l'ouvrier
répliqua
;
...
l'ai
encore
deux
minutes,
monsieur
le
directeur,
je
finis
ma
pipe
...
Il
est
vingt-huit,
monsieur
le
directeur,
j'ai
encore
deux
mi-
nutes,
je
finis
ma
pipe.
Joseph
Honorât
fronça
les
sourcils
:
Je
ne.
vous
demande'
pas
d'explications
...
Je
vous
dis
simple-
ment
débarrasser
le
plancher
...
d'entrer
!
...
Je
ne
veux
voir
per-
sonne
arrêté
à
la
grille.
L'ouvrier
ne
dit
plus
mot,
mais
faisant
demi-tour,
il
traversa
la
rue
tranquillement
et
alla
se
placer
sur
l'autre
trottoir,
face
l
'en-
trée
de
l'usine.
Là,
s'appuyant
contre
une
boutique,
il
continua
de
fumer
sa
pipe,
les
yeux
fixés
sur
le
cadran
de
la
grande
horloge.
Lorsqu'il
vit
l'aiguille
sur
le
point
d'arriver
à
la
demie,
il
tapà
sa
pipe
contre
la
mur,
en
fit
tomber
le
feu,
la
serra
dans
sa
poche
et
franchit
délibé-
rément
la
grille
au
moment
précis
le
contremaître
se
disposait
à
la
fermer.
Joseph
Honorât
en
était
suffoqué.
Au
moment
le
jeune
nomma
passait
devant
lui
il
le
retint
par
le
bras
:
Dites
donc,
vous
...
deux
mots.
Voilà,
monsieur
le
directeur.
Quel
est
votre
nom
?
Marcel
Dunot.
+
A
quel
atelier
êtes-yous?
m
-4
..
A
batelier
'des
réparations
des
machines.
Ah'!'
je
souviens
...
:
c'est
vous
qui
avez
fait
des
réparations-
dans
la
maison
de
M.
Pordon?
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